Date de publication : 30-09-2009
Remboursement du médicament Imitrex administré par injection dans le cadre du traitement des algies vasculaires faciales
Daniel Bacquelaine (MR): Ma question est relative au remboursement par l'assurance soins de santé de l'Imitrex–6 mg par injections dans les cas des algies vasculaires faciales. Les crises de céphalées extrêmement douloureuses sont en certains cas pluriquotidiennes, plus qu'invalidantes et ne cèdent qu'à l'injection d'Imitrex. Certes, l'on peut recourir au Sumatriptan en comprimés
mais son action est beaucoup moins rapide et moins efficace. Dans certains cas rebelles, le recours à plusieurs dizaines d'injections mensuelles s'avère indispensable, notamment si le patient veut conserver son activité professionnelle. Or l'Imitrex/injections, médicament extrêmement coûteux, n'est remboursé par l'assurance soins de santé qu'à concurrence de 7 fois
2 injections par mois, sur accord du médecin-conseil et après consultation du neurologue.
Il apparaît que ces limites de remboursement constituent pour le patient une charge très lourde: 47 euros pour deux injections. Madame la ministre, considérant la gravité de cette pathologie, la
charge financière pour le patient, le fait que ce type de thérapie est peu susceptible d'abus de prescription et de consommation, il me paraît que les conditions d'intervention de l'assurance soins de santé devraient être notablement élargies.
Quant au coût d'une telle réforme, il doit être amodié par divers facteurs notamment l'économie de la consultation obligatoire du neurologue chaque mois, ainsi que l'économie évidente en matière d'indemnités pour incapacité de travail dès lors que le recours à l'Imitrex par injection permet à de nombreux malades d'échapper à l'invalidité. Dés lors, madame la ministre, compte tenu de ces éléments, envisagez-vous d'introduire une modification des conditions d'intervention de l'assurance soins de santé? Dans l'affirmative, quel est le timing prévu pour cette réforme?
Laurette Onkelinx , ministre: Madame la présidente, je m'adresse particulièrement à quelqu'un qui connaît bien les questions de santé publique, notamment en raison de sa profession, mais
également la manière dont on travaille sur le remboursement d'un médicament.
Monsieur Bacquelaine, vous savez bien que la Commission de remboursement s'appuie sur un travail qui réunit les différents représentants des facultés de médecine des universités de notre
pays, des délégués des organisations représentatives des corps médicaux, des organisations pharmaceutiques et des organismes assureurs. C'est sur ces bases-là qu'a été conçu le système de remboursement;
Je me suis renseignée sur le sujet suite au dépôt de votre question.Vous avez raison effectivement de souligner combien cette maladie est invalidante. C'est d'ailleurs en période de crise, où des sommets en termes de douleurs peuvent être atteints, que l'Imitrex est
remboursé.Certains textes de la littérature scientifique décrivent une survenue plus fréquente des crises lors de l'utilisation d'un nombre d'injections supérieur à la posologie quotidienne maximale légale. Les crises peuvent devenir plus résistantes au traitement. Il existe aussi un risque d'induction de céphalées en cas d'utilisation abusive d'antimigraineux.
Les membres du Comité ont donc proposé à l'époque, pour des raisons de santé publique mais également budgétaires, le remboursement de maximum sept conditionnements pour une
période d'un mois. Étant donné que la littérature scientifique évolue constamment, je pense qu'il serait nécessaire que d'autres études prospectives soient réalisées et que les connaissances sur la variabilité clinique de l'affection soit mieux connues au niveau de sa physiopathologie.Une réglementation peut toujours être revue, modifiée de façon plus restrictive ou plus large en fonction de l'évolution des connaissances scientifiques. La situation peut également changer en fonction des nouvelles propositions et informations introduites par la firme responsable de la commercialisation du produit. Telle est l'explication quant au choix du type de remboursement. Si
des éléments nouveaux ou une demande des firmes en fonction de ceux-ci devaient intervenir, on pourrait revoir ce dossier.
Daniel Bacquelaine (MR): En fait, les modalités actuelles de remboursement sont conçues pour la principale indication de l'Imitrex, c'est-à-dire la migraine classique mais cela ne prend pas en compte les particularités des algies vasculaires de la face. L'indication est reconnue dans les critères de remboursement mais on a établi la quantification en matière de remboursement sur la base de l'indication principale qui est la migraine. Il faudrait opérer une distinction entre les normes de remboursement en fonction de l'indication. Dans les migraines, si on répète de manière trop fréquente les injections, on induit une "dépendance" qui fait que l'antidouleur amène la crise migraineuse suivante.
Ce n'est pas tout à fait le cas pour les algies vasculaires de la face, qui sont des décharges électriques bien identifiées maintenant, qui surviennent par salve, chacune nécessitant une injection. Sinon, la personne qui en souffre doit rester chez elle, ce qui entraîne un coût en matière d'incapacité de travail et aussi en raison des visites répétées chez le neurologue pour obtenir le remboursement dont les modalités ne sont pas adaptées à ce type de pathologie. Sans doute la Commission de remboursement des médicaments a beaucoup de choses à faire en dehors de se pencher sur des problèmes concernant très peu de patients mais cela me paraît devoir être suggéré.   [ Retour ]
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