Comme bien d'autres pays, notamment ses partenaires européens, la Belgique est confrontée à deux défis/opportunités concernant l'avenir de la production énergétique, à savoir :
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Tenir ses engagements de réduction de ses émissions de CO2 sur la base du Protocole de Kyoto et des objectifs européens,
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Faire face à la hausse spectaculaire du prix des produits pétroliers qu'aucun analyste sérieux ne voit s'arrêter à court terme. Alors qu'il y a peu nous en étions encore à 60-70$ le baril, nous en sommes aujourd'hui au double. Le triple de ce montant pourrait être rapidement atteint si on en croit les projections actuelles.
Il faut aussi tenir compte de la diminution progressive du volume de production du pétrole : selon les experts, soit nous venons de dépasser le point de production maximale ('peak-oil'), soit il est devant nous à brève échéance. Il faut donc prévoir le remplacement progressif du pétrole par d'autres sources d'énergie.
Mais la situation de la Belgique en matière énergétique ne se limite pas à ces défis auxquels la quasi-totalité des pays ont à faire face : la loi du 31 janvier 2003, dite 'loi de sortie du nucléaire' qui prévoit la fermeture progressive de l'ensemble des centrales nucléaires situées en Belgique entre 2015 (les 3 premières) et 2025 (pour les 2 dernières).
Echéancier de la fermeture des centrales :
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Unités |
Puissance (MW) |
Date d’arrêt |
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Doel 1 |
392,5 |
15 / 02 / 2015 |
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Tihange 1 |
962 |
01 / 10 / 2015 |
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Doel 2 |
433 |
01 / 12 / 2015 |
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Doel 3 |
1006 |
01 / 10 / 2022 |
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Tihange 2 |
1008 |
01 / 02 / 2023 |
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Doel 4 |
985 |
01 / 07 / 2025 |
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Tihange 3 |
1015 |
01 / 09 / 2025 |
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Total |
5801,5 |
2015 - 2025 |
De ces différents éléments, il découle clairement que des décisions URGENTES doivent être prises afin de garantir l'avenir énergétique de notre pays.
De nombreuses études ont été réalisées sur le sujet en Belgique et ailleurs. L'une des dernières a été effectuée par la 'Commission Energie 2030' qui devait proposer des solutions à l'horizon 2030. La dite commission a remis son rapport (Rapport CE2030) il y a juste un an, rapport qui a donné lieu a des auditions au sein de la Commission de l'Economie de la Chambre des représentants.
Ces auditions devaient être suivies d'un débat en commission de l'Economie de la Chambre avec le Ministre de l'Energie ce mardi 17 juin. Cependant, à la surprise générale, et malgré l'inscription de ce point à l'ordre du jour de la commission, le Ministre a refusé de faire quelque commentaire que ce soit sur ce rapport. Il argue du fait que de nombreuses études ont déjà été publiées sur le sujet (rapport de la Commission Ampère, rapport CE2030, rapport du Bureau du Plan, …) et qu'elles arrivent à des conclusions différentes. Il a donc décidé de désigner un nouveau Comité d'experts chargé de se pencher sur la question de l'avenir énergétique de la Belgique. Un énième rapport … et surtout un énième report. Le Ministre a annoncé qu'il ne prendrait pas position avant d'avoir analysé le rapport en question, c'est-à-dire PAS AVANT FIN 2009 ! Il semble que, pour le Ministre, rien ne presse, que l'on peut se permettre d'attendre encore un an et demi avant toute prise de position et toute décision concrète.
Nous ne partageons pas l'option prise par le Ministre de l'Energie. Le débat sur l'approvisionnement énergétique est urgent et nécessaire. Des choix doivent être faits, des réponses doivent être données.
Cette situation est inacceptable, c'est pourquoi le groupe MR de la Chambre a décidé d'ouvrir le débat que le Ministre refuse.
Tout comme la CE2030, le MR (notamment dans le cahier du Centre Jean Gol de juin 2006) estime que la réflexion doit s'articuler autour de trois axes principaux :
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Assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique ;
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Conserver une indépendance énergétique relative ;
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Limiter les émissions de gaz à effet de serre.
On pourrait également ajouter qu’il convient d’atteindre ces objectifs à un coût économiquement et socialement acceptable.
C'est pourquoi nous faisons les propositions suivantes que nous formaliserons dans les prochains jours sous la forme d'une proposition de résolution :
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Si, aujourd'hui, la Belgique ne figure pas parmi les mauvais élèves européens en matière d'émission de CO2, c'est en grande partie parce que nous produisons plus de la moitié de notre électricité grâce à l'énergie nucléaire, qui est l'une de celles qui émettent globalement le moins de CO2. Nous pensons qu'il faut maintenir cette source d'énergie tant que nous n'avons pas de solution de remplacement (économiquement et techniquement) viable. Pour fixer un ordre de grandeur, nous prendrons un exemple simple : si on utilisait exclusivement l'énergie éolienne pour remplacer les trois premières tranches nucléaires qui doivent fermer en 2015 - soit une puissance de 1700 MWe – il serait nécessaire d'installer entre 3000 et 3500 éoliennes de 2MW (les plus courantes actuellement) ce qui correspond à une éolienne tous les 9-10 km² !!! C'est totalement irréaliste quand on connaît la densité de population de notre pays.
Nous proposons donc au gouvernement d'envisager la possibilité de fermer les trois premières centrales (Doel 1 et 2 ainsi que Tihange 1) selon le calendrier de la loi de sortie du nucléaire, c'est à dire en 2015 et de prolonger les quatre autres centrales (représentant 4000 MWe) de 20 ans comme le font de plus en plus de pays. Mais nous devons attirer l'attention sur le fait que cette réduction de capacité de production devra(it) être compensée par d'autres sources d'énergie idéalement 'propres' ou par des importations supplémentaires. Cette dernière solution augmenterait encore la dépendance énergétique de notre pays alors que notre objectif est de garantir la sécurité et la diversification de nos sources d'approvisionnement;
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Pour maintenir les centrales nucléaires en activité et, plus encore, pour leur démantèlement, il faut préserver le haut niveau de compétence nucléaire belge – internationalement reconnu. Pour ce faire, il convient d'une part de redonner de l'attractivité à la filière des sciences nucléaires en garantissant des débouchés aux (futurs) étudiants et, d'autre part, en coopération avec les Communautés, de veiller à ce que ces filières d'enseignement reçoivent bien tous les moyens dont elles ont besoin ;
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De même, nous proposons d'augmenter les moyens destinés à la recherche et au développement dans les domaines du conditionnement et du stockage des différentes classes de déchets nucléaires, en particulier ceux provenant du démantèlement prochain (début prévu dans 7-8 ans) des premières centrales ;
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de respecter nos engagements en matière d'émission de CO2 et
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d'avoir une garantie suffisante d'approvisionnement.
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de réduire progressivement notre dépendance face au pétrole et ses dérivés.
C'est pourquoi nous insistons aussi pour que, parallèlement au maintien (provisoire) du nucléaire, notre pays développe l'utilisation des énergies renouvelables. Le nucléaire et les énergies renouvelables ne sont pas des solutions opposées mais bien complémentaires. Comme la CE2030, le MR ne se focalise pas sur le nucléaire mais l'intègre dans les réponses possibles aux défis énergétiques;
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Dans le cadre de la libéralisation du marché de l'énergie en Europe, notre pays occupe, de par sa situation géographique, un rôle de carrefour, de zone de transit. Or, nous constatons actuellement que nos réseaux de transport/transit, tant au niveau de l'électricité que de celui du gaz, sont saturés. Il faut donc que notre pays prenne les mesures nécessaires à l'augmentation de la capacité de ces réseaux;
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Le mix énergétique 'idéal' comporte une part de plus en plus importante de production décentralisée d'électricité, tant au moyen d'éoliennes de grande capacité raccordées au réseau HT que d'unités de production de taille plus réduite voire individuelles (panneaux photovoltaïques ou petites éoliennes) qui sont raccordées au réseau de distribution BT. Or ce type de réseau n'est pas conçu pour cet usage à double sens. En effet, traditionnellement ce type de réseau est conçu pour amener du courant de l'amont (centrales) vers l'aval (utilisateur final). Il s'ensuit qu'il est très facile d'isoler une branche pour y travailler : il suffit de couper le côté 'centrale'. Par contre, si l'on injecte également, comme on peut désormais le faire, du courant du côté 'aval/utilisateur', une telle manœuvre devient beaucoup plus problématique ! Il est donc nécessaire que l'on adapte les réseaux électriques de distribution pour tenir compte de cette nouvelle donne appelée à connaître un essor croissant;
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Nous appelons de nos vœux un large débat sur la sécurité et la diversification énergétique de la Belgique : au cours du 1er trimestre de cette année, la Belgique a importé quelque 17% de son électricité avec des pointes jusque 31 % ! Que se passerait-il si nos voisins qui nous alimentent, avaient, subitement ou structurellement, des problèmes de capacité pour leur propre marché ? Est-on prêt à prendre un tel risque ?
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On ne peut parler de l'avenir énergétique de la Belgique sans aborder l'aspect 'aval', c'est-à-dire la consommation d'énergie. En effet, l'une des meilleures pistes pour faire face aux défis de la raréfaction de certaines sources d'énergie, de l'augmentation de leur prix, de la réduction des émissions de CO2, … réside dans les économies d'énergie. Ces économies doivent avant tout être réalisées dans les domaines du transport et des bâtiments. C'est un défi qu'il convient également de relever.
Daniel BACQUELAINE
Kattrin JADIN
Josée LEJEUNE
David CLARINVAL
Jean-Jacques FLAHAUX
Olivier HAMAL
 
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