Date de publication : 10-02-2007



La décote des quotas


 

 

Disons-le d’emblée, le MR est plus que réservé sur la proposition de loi socialiste visant à imposer un quota minimum de 33% de femmes dans les conseils d’administration des entreprises privées cotées. Si l’objectif est louable en soi, nous trouvons que la méthode utilisée n’est, elle, pas opportune. J’y vois une nouvelle tentative d’immixtion dans la sphère privée. En tant que libéral, je ne peux souscrire à ce type de pensée. Le seul critère pertinent –et même impératif- réside dans la compétence des personnes qui sont amenées à diriger une entreprise. Dans une entreprise cotée, il revient aux actionnaires membres de l’assemblée générale de désigner les membres du conseil d’administration au mieux de leurs intérêts. J’ose croire qu’il y a fort peu d’actionnaires –sauf à devoir s’interroger sur leurs capacités- qui souhaitent voir leur entreprise aux mains d’incompétents. Et la compétence n’a ni sexe, ni âge, ni race… Certes, la présence des femmes au sein des conseils d’administration est encore assez modeste. Et il m’apparaît que l’Etat, lorsqu’il est actionnaire, pourrait donner l’exemple. Le MR peut d’ailleurs s’enorgueillir, contrairement à d’autres, d’être représenté par un nombre significatif de femmes –compétentes, cela va de soi- au sein des organes dirigeants d’ entreprises publiques autonomes, de para-régionaux ou encore d’intercommunales. Certes, une évolution plus globale est nécessaire mais, elle doit être naturelle sans passer par l’imposition de quotas dont les conséquences n’ont pas été prises en compte. A raison, la FEB pointe également comme peu opportun, dans un souci d’attractivité des entreprises en Belgique, d’imposer à des actionnaires étrangers ces quotas qui ne sont appliqués nulle part dans l’Union Européenne ou sur d’autres continents.

La philosophie qui doit être suivie en la matière est celle qui permet un accès égal aux responsabilités à tous ceux qui se trouvent dans des conditions d’aptitudes équivalentes. Pour ce faire, le rôle de l’Etat doit consister à mettre en œuvre des solutions qui permettent à chacun de pouvoir concilier vie familiale et professionnelle. L’égalité se construit avec l’évolution des deux genres, en les incitant chacun à faire évoluer le rôle que la société leur attribuait traditionnellement, et non par des coups de bâtons. Adopter une attitude constructive et proactive plutôt que de recourir à des méthodes coercitives, voilà le choix du MR.   

 

 

 

Daniel Bacquelaine

Député

Président du Groupe MR

de la Chambre



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