Date de publication : 01-06-2006



Préavis de grève des pédiatres


Daniel Bacquelaine (MR):Monsieur le ministre, ma questionn'a pas exactement le même objet que celle de M. Goutry. Je ne sais pas pourquoi elles ont été jointes. Je comprends et je partage le sentiment de M. Goutry quant au mécontentement et au malaise actuels chez les pédiatres.

Cela dit, le problème est plus urgent et plus concret. Comme vous le savez, le projet de loi du gouvernement prévoit en matière de santé la suppression des suppléments de chambre et d'honoraires pour les hospitalisations d'enfants. Loin de moi l'idée de critiquer un meilleuraccès. Au contraire, il m'apparaît normal que des parents puissent
accompagner leur enfant en chambre individuelle sans rencontrer
d'obstacles de nature financière. Mais qu'en est-il du financement de
cette mesure?

La commission médico-mutuelliste a-t-elle été consultée sur le sujet?
Le Conseil national des établissements hospitaliers a-t-il été consulté,
a-t-on pris son avis?

A-t-on mesuré l'impact budgétaire, aussi bien pour les hôpitaux que pour les médecins, pas seulement les pédiatres mais tous les spécialistes intervenant dans le traitement?

A-t-on mesuré la menace d'une grève des pédiatres maintenant annoncée et d'un déconventionnement des spécialistes à la suite de cette mesure?

Ces questions me semblent extrêmement importantes car sous le couvert d'une mesure a priori favorable peut advenir une désorganisation totale des soins en pédiatrie et donc une moins-value pour les enfants ayant besoin de soins.

9.03 Renaat Landuyt, ministre : En ce qui concerne la remarque du collègue Bacquelaine, un élément de mécontentement serait la suppression des suppléments d'honoraires médicaux quand les enfants sont accompagnés de leurs parents. Or, M. Demotte peut vous confirmer qu'il a déjà décidé de compenser cette perte lors de la poursuite de la revalorisation de la pédiatrie hospitalière, comme expliqué à M. Goutry.

M. Demotte tient à justifier cette proposition: la Charte européenne de l'enfant hospitalisé prévoit qu'il y a lieu d'encourager les parents à
rester auprès de leurs enfants en leur offrant toutes les facilités matérielles, sans que cela n'entraîne un supplément financier. L'interdiction des suppléments permet de respecter le droit de l'enfant à être accompagné. En effet, pour un enfant, se retrouver à l'hôpital, dans une structure loin d'être celle dans laquelle il évolue, peut être angoissant alors qu'il doit déjà affronter l'épreuve de la maladie. L'important dans ce cas-là est qu'il conserve un lien avec l'extérieur qui puisse le rassurer.

9.06 Daniel Bacquelaine (MR): Monsieur le ministre, comme je l'ai
précisé d'emblée, je vise le même l'objectif de permettre aux parents d'accompagner leur enfant lorsque celui-ci est dans un état de souffrance et de vulnérabilité. Selon moi, cet objectif est essentiel.

Cela étant, il faut financer cette mesure. Or, le ministre Demotte ne peut pas demander aux seuls médecins spécialistes de le faire. Il faut que le financement soit organisé dans le cadre de la solidarité générale. Dans le cas contraire, vous assisterez encore à une fuite des médecins spécialistes vers les pays étrangers avec pour corollaire une diminution de la qualité des soins au détriment des enfants malades. Ce problème concerne les  pédiatres mais aussi les ORL, les ophtalmologistes, les chirurgiens, les anesthésistes; en bref, tous ceux qui soignent des enfants. Ce phénomène est de plus en plus visible dans notre pays.

Le ministre de la Santé doit prendre toutes les précautions et faire en sorte que la commission médico-mutuelliste, le Conseil national des établissements hospitaliers et tous les spécialistes concernés par les soins aux enfants soient consultés pour dégager une solution qui permette un financement optimal de cette mesure, avec une revalorisation importante des soins pédiatriques hospitaliers. C'est indispensable.



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