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Contre la délocalisation du Grand Prix de F1 de Francorchamps


Extraits :

02.03 Daniel Bacquelaine (MR): Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'Etat, chers collègues, nous nous sommes souvent réunis dans cette Chambre, nous y avons souvent interpellé des ministres lorsque nos régions, que ce soit la Wallonie, la Flandre ou Bruxelles vivaient des moments difficiles. Nous nous sommes souvent réunis, tous ensemble, dans un large consensus pour essayer de trouver les moyens d'éviter des délocalisations et des fermetures d'entreprises, d'accompagner des restructurations douloureuses. En termes de délocalisations, je pense à Renault-Vilvorde. En termes de fermetures d'entreprises, je pense au drame récent de la Sabena. Je pense aux restructurations douloureuses qui ont touché la sidérurgie, les mines du Limbourg. Chaque fois, nous avons essayé de déterminer des positions. Nous n'étions pas toujours d'accord entre nous sur les solutions à apporter ou sur les responsabilités à épingler, certes. Mais, toujours, le but était commun: éviter une délocalisation, une fermeture d'entreprise ou accompagner le mieux possible une restructuration nécessaire.

Aujourd'hui, paradoxe, nous sommes réunis dans cette Chambre pour discuter d'une délocalisation que certains considèrent comme souhaitable. C'est une première et vous aurez compris que, d'emblée, je place ce débat sur le terrain socio-économique. Je considère pour ma part qu'il ne s'agit pas d'un débat en termes de santé publique. Je vais m'en expliquer et j'y reviendrai.

Il s'agit sûrement et, en tout cas, d'un débat de nature socio-économique. Il s'agit de discuter si, oui ou non, nous allons accepter et même favoriser pour certains, la délocalisation d'une activité économique performante qui fournit des emplois et des revenus à des milliers de personnes.

Le vote de ce jour va donc déterminer l'avenir de toute une région mais aussi l'avenir de l'emploi de centaines, voire de milliers de personnes qui fournissent des biens ou des services dans le cadre du Grand Prix de Belgique, de son organisation et, plus largement, de l'activité du circuit de Spa-Francorchamps qui risque de perdre, par la disparition de ce Grand Prix, une attractivité qui fait sa vie et son activité pendant toute l'année.

Ce débat est avant tout socio-économique et concerne toutes les régions du pays. Il concerne toutes les régions parce que bien des entreprises de Wallonie, mais aussi de Flandre et de Bruxelles, participent à l'organisation de cette activité économique, reçoivent des commandes relatives à cette organisation. Derrière ces entreprises qui sont parfois des façades faciles, il y a évidemment des femmes et des hommes qui y travaillent tous les jours et qui vont subir sans doute le contre-coup d'une disparition que certains voudraient effective.

Cela concerne des dizaines d'entreprises, des milliers de travailleurs. C'est aussi une perte d'attractivité qui se profile derrière la délocalisation du Grand Prix de Belgique, perte d'attractivité pour un circuit qui doit fonctionner toute l'année et qui touche en particulier un certain nombre de secteurs d'activités, notamment le secteur Horeca.

Il faut savoir que le Grand Prix de Belgique, cela représente 100.000 personnes dont 85.000 étrangers qui utilisent des infrastructures Horeca de notre pays, de manière très large, aussi bien en Wallonie que dans toutes les régions du pays. Nous avons, en effet, reçu les témoignages d'une série d'hôteliers de toutes les régions et les villes de notre pays.

Certains disent qu'il ne s'agit pas de la vraie raison, qu'en fait – j'entends ces arguments – le Grand Prix de Belgique est déjà délocalisé et que ce n'est pas à mettre en relation avec une loi interdisant ou non la publicité pour le tabac. Pour eux, ce serait déjà une sorte de fait accompli.

Ceux-là essaient sans doute de se donner bonne conscience. Il est évidemment plus facile de considérer qu'ils n'ont plus d'action possible sur le cours des événements. C'est une solution de facilité. C'est aussi un peu, à mon sens, de la lâcheté. Je le dis très clairement et sans ambages. C'est aussi une solution de facilité et de lâcheté de considérer – mais vous le savez, certains ont décidé de délocaliser le Grand Prix de Francorchamps, de l'organiser ailleurs dans le monde – que nous ne pouvons plus agir et que, même si nous acceptions de déroger à la loi interdisant la publicité sur le tabac, cela ne changerait rien, car cela est déjà déterminé une fois pour toutes.

Je m'inscris totalement en faux contre cet argument. Il est clair que non seulement le Grand Prix de Belgique est une activité rentable en termes d'organisation de grands prix dans le monde. C'est une des plus rentables en Europe, avec un chiffre d'affaires qui augmente chaque année pour l'ensemble des secteurs qui y participent. Par conséquent, cette activité est économiquement viable en Belgique.

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PDF: http://www1.dekamer.be/plenary/cri/50/3/pdf/ip287.pdf
HTML: http://www1.dekamer.be/plenary/cri/50/3/html/ip287.htm



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Copyright © 2005 Daniel Bacquelaine